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Le point sur les "Zones 30"

Après les Faubourgs Est puis Ouest en 2020, une partie du Centre de Waterloo est passée en "Zone 30" durant l'été 2021. Quel bilan tirer de ces phases de tests ? Quels sont les buts poursuivis ? Les autres quartiers suivront-ils ? Petit état de la situation.

Pourquoi des "Zones 30" ?

Contrairement à ce qu'on lit parfois, l'objectif des "Zones 30" n'est pas de décourager l'usage de la voiture, mais bien d'accroître la sécurité routière dans les quartiers résidentiels où circulent davantage d'usagers faibles et où jouent des enfants. Ce dispositif permet non seulement de limiter les accidents, mais aussi leurs conséquences. Pourquoi ?
► La distance de freinage est considérablement plus courte à vitesse réduite.
► Le champ visuel d'un conducteur se réduit à mesure qu'il accélère. Il a donc moins de possibilité de lire les panneaux routiers ou de repérer un enfant sur le point de traverser, par exemple.
► Les chances de survie d'un piéton en cas d'impact varient énormément. Selon l'AWSR (Agence wallonne pour la Sécurité routière), le risque de décès n'est que de 2% à 30 km/h. Il monte déjà à 10% à 50 km/h, tandis qu'une collision à 80 km/h est presque toujours fatale.

Y a-t-il d'autres avantages ?

► Les "Zones 30" ont des effets bénéfiques sur la qualité de vie : les nuisances sonores, mais aussi vibratoires générées par les véhicules sont beaucoup moins perceptibles des habitants.
►  Elles permettent de limiter le trafic de transit dans les quartiers résidentiels. Avec les nouvelles technologies GPS, des rues qui n’étaient pas traversées autrefois sont aujourd’hui renseignées aux conducteurs qui essaient de fuir les embouteillages. Grâce aux "Zones 30", les durées de parcours sont allongées. Les applications comme Waze envoient donc moins d'automobilistes sur ces "itinéraires bis".
►  Elles favorisent une conduite plus fluide. Si l'impact des "Zones 30" sur les émissions de C02 reste discuté (les études à ce sujet se contredisent), il est clair qu'en roulant à vitesse constante, on limite les freinages et les réaccélérations, tous deux sources de pollution. Davantage que la vitesse, c'est donc l'adoption d'une conduite plus "coulée" qui aurait un effet positif sur l'environnement.
► Enfin, contrairement aux idées reçues, elles ne génèrent pas de congestion automobile. Ce sont plutôt le nombre de carrefours et leurs configurations qui déterminent les capacités d'absorption des voiries et peuvent donc engendrer des embouteillages.

Ces zones vont-elles se généraliser ?

Une chose est sûre : toute la Commune n'est pas vouée à passer en "Zone 30". Les axes principaux (chaussée de Bruxelles, boulevard Henri Rolin, chaussée Bara, drève Richelle…) ne sont pas concernés.
Pour les autres voiries, tout dépendra de l'évaluation des tests, encore en cours en ce début 2022. Pour rappel, les Faubourgs Est et Ouest ont été les premiers à en avoir été équipés. Il était ensuite envisagé d'en implémenter dans le Chenois. À la suite de plusieurs accidents survenus dans le Centre, c'est finalement ce dernier qui a suivi durant l'été 2021. Il était aussi plus cohérent de continuer avec un secteur limitrophe aux deux premiers.
L'analyse n'est pas terminée dans ces 3 quartiers, ce qui signifie donc que rien n'est définitivement arrêté. Une voirie aujourd'hui à 30 km/h pourrait très bien revenir à 50 km/h si l'intérêt en était démontré.

Quels sont les résultats déjà enregistrés ?

Comme dit plus haut, aucune conclusion définitive ne peut être tirée avant le retour à une situation d'avant pandémie. Toutefois, une tendance à la baisse de la vitesse et du nombre d'accidents a déjà pu être observée dans les quartiers concernés.

Pourquoi cela prend-il autant de temps ?

En raison de la pandémie, les phases de tests dureront plus longtemps qu'initialement prévu. Actuellement, la circulation fluctue énormément en fonction du télétravail et du nombre de personnes en arrêt maladie. Elle n'est donc pas forcément représentative. L'implémentation de "Zones 30" dans d'autres quartiers pourrait ainsi être postposée, le temps d'évaluer au mieux les effets positifs et éventuellement négatifs dans les endroits où elles sont déjà présentes.

La Police verbalise-t-elle davantage dans ces zones ?

Non, elle y réalise des contrôles, comme elle le fait ailleurs. Elle assure ainsi son rôle de lutte contre l'insécurité routière, sous l'autorité du procureur du roi. Il ne s'agit donc pas d'une initiative communale ou d'une volonté "de remplir les caisses". Il est d'ailleurs à noter que les recettes provenant de ces PV ne sont pas reversées à la Commune mais au niveau fédéral. En outre, la Police locale fait preuve d'une certaine tolérance entre la vitesse limite et celle menant à la verbalisation.
Ces derniers mois, certains habitants ont pu penser que les radars étaient plus nombreux en "Zones 30", parce qu'ils y avaient été "flashés". En réalité, ce sentiment est davantage lié au fait qu'ils ignoraient ce changement. D'une part, les automobilistes ont tendance à moins regarder la signalisation routière dans les lieux qu'ils traversent régulièrement. D'autre part, certains ignorent peut-être le fonctionnement un peu particulier de ces zones (voir mode d'emploi).
Enfin, il est possible que les panneaux manquent de visibilité à certains endroits (notamment près des carrefours où l'attention est davantage portée vers la circulation périphérique, les passages piétons, etc.). C'est pourquoi une réflexion est en cours afin de renforcer la signalisation en certains endroits, soit par quelques panneaux supplémentaires, soit par un marquage au sol. Il faut cependant noter que la Commune a déjà fait placer des signaux plus grands que ceux recommandés par la Région wallonne. Enfin, la communication pour avertir les habitants de ces changements sera aussi intensifiée.